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Jean-Edouard Criquioche,
bouillonnant et sensible à la fois

Jean-Edouard Criquioche ne vit pas sa vie, il la dévore et la déguste en même temps ! Autonome et curieux de tout, il entreprend, tout le temps. S’il n’a pas un défi à relever, il s’ennuie. Aujourd’hui, le défi majeur de ce père de famille et exploitant de cinéma, c’est la course au large avec notamment en ligne de mire un tour du monde en 2011.
Ce « normand des terres » comme il se qualifie lui-même, découvre la voile au collège : « cela m’a immédiatement fasciné ! ». Il avait 10 ans.
Depuis, Jean-Edouard n’a cessé d’agrandir son terrain de jeu maritime. Il fera des stages de voile en colonies de vacances, de la planche à voile et, en 1988, il achète son premier bateau : un Micro. Pour la Mini Transat ? Non, pas du tout. La régate il ne sait pas – encore – que ça existe. La mer, il la vit en famille, en Méditerranée, pour un plaisir pur et partagé.

Piqué au jeu de la compétition, bientôt envouté par le large…
Ce n’est que 10 ans plus tard que Jean-Edouard prendra son premier départ de course, à l’occasion de la Spi Dauphine 1997. Pour la première fois, il se bagarre sur les lignes de départ, il hisse un spi sur son bateau, il se confronte bord à bord avec d’autres équipages… Ni une ni deux, ce compétiteur dans l’âme se prend immédiatement au jeu.
Viendra ensuite la Route du Jasmin, mais le vrai déclic se fera en 2002 à l’occasion du Trophée des Caraïbes. Là, il est co-skipper d’un équipage d’étudiants aux côtés d’Armel Le Cléach’ : « Armel m’a parlé de la course au large, il m’a donné envie d’aller plus loin… » Justement, deux ans plus tard, la Class40 voit le jour. Pour Jean-Edouard, c’est LA porte d’entrée vers la course au large. Sa décision est prise : il sera au départ de la Route du Rhum 2006, en Class40.

Apprenti skipper à plein temps
Et quand ce Normand s’engage dans un challenge, il ne le fait pas à moitié : Jean-Edouard se donne alors six mois, à plein temps, pour apprendre la navigation en course et en solitaire. Il s’entoure de deux experts : Armel Le Cléach’ pour la partie nautique et Xavier Le Coeur pour la logistique : « j’ai raisonné comme un chef d’entreprise : pour réussir un projet il faut savoir s’entourer et déléguer. »
Pendant six mois, il ne fait que ça : naviguer, prendre des notes, découvrir… Au pied du mur le matin, il est heureux le soir d’avoir franchi une nouvelle étape dans sa découverte de la navigation en solitaire : « je notais mes erreurs et le soir, je débriefais tout seul… J’avais décidé de participer à la Route du Rhum, j’étais prêt à tout pour y arriver. »

Du bonheur à perte de vue
Méthodique, dossier après dossier, il a appris. Et le 27 octobre 2006, au large de Saint Malo, le normand des terres est seul, à bord de son Pogo 40, face à son premier Atlantique à traverser… « Un bonheur… des bonheurs hallucinants ! », se souvient-il l’esprit désormais tourné vers d’autres conquètes maritimes.

LES MARINS

Jacques Fournier,
un concentré d’énergie et de volonté

Calme à l’extérieur, Jacques est en permanence en mouvement, dedans... Entreprenant, à l’écoute, constructif, sportif Jacques va de l’avant, toujours. Aucune montagne ne l’empêche d’avancer. Toute sa vie professionnelle, il l’a vécue en homme libre, indépendant. Depuis qu’il est à la retraite, Jacques va chercher son besoin de liberté et d’indépendance en mer, tandis qu’il continue d’entreprendre au sein de la Class40 qu’il préside avec bonheur et efficacité.
Pendant 30 ans il a rêvé de course au large tout en menant une vie professionnelle intense. Dès que possible et lorsqu’il n’était pas accroché à un parachute, en chute libre, en plongée sous marine ou pratiquant l’une des multiples activités sportives qu’il affectionne, Jacques régate. Sur Fireball puis Half Tonner, en IRC ou en Monotype, il dispute Championnats de France et d’Europe, Solitaire du Figaro, Half Ton Cup, Tour de France, Fastnet Race… Jacques navigue depuis 30 ans avec passion, animé par son éternelle envie d’aller toujours plus loin.

Premiers bords à l’envers…
Pourtant, à l’âge de 25 ans, lorsqu’il met pour la première fois les pieds sur un dériveur, sur le Lac d’Hourtin, il commence par déssaler une bonne dizaine de fois ! « Au 11e déssalage, j’avais repéré ou était l’avant de l’arrière du bateau ! », se souvient-il en rigolant.
Quelques années plus tard, il se met à rêver de Vendée Globe. L’investissement humain et financier est lourd pour une telle aventure, et Jacques donne priorité à sa carrière
professionnelle. Le marin qu’il est garde cependant ce beau rêve dans un coin de sa tête d’homme de défi... et continue de régater avec plaisir !

Les portes de la course au large s’ouvrent
En 2004-2005, Jacques met fin à sa carrière professionnelle. Il vend sa société au moment où – belle coïncidence – la Class40 fait son entrée sur la scène de la course au large. Les barrières sont tombées, les portes s’ouvrent, pour Jacques c’est évident et c’est maintenant : il va concrétiser ses rêves.

2006, année mythique
En 2006 ça y est, tout est en place : la jeune Class40, le bateau de Jacques, neuf lui aussi, par la force des choses, le calendrier des courses et, bientôt, les premiers départs. Là, une bande de pionniers se découvrent. Une majorité d’entre eux fait, comme Jacques, ses tous premiers pas en course au large. Entre eux une amitié profonde est déjà en train de se nouer. Skippers d’Islande 2006, la Route du Rhum 2006, la Transat Jacques Vabre 2007, les Sables-Madère-Les Sables 2007, Les 1000 Milles Brittany Ferries 2008, Marblehead Halifax 2008, Québec Saint Malo 2008… Il est bien rare que Jacques ne soit pas sur un départ de course de la Class40.
Une classe qu’il préside depuis 2007 avec l’énergie et l’audace qui le caractérisent, épaulé notamment en cela par un certain Jean-Edouard Criquioche.

Jacques et Jean-Edouard sur un bateau…

Amitié, respect et confiance absolue l’un pour l’autre constituent le ciment de ce solide duo de complices. Des sentiments sans lesquels ils n’envisageraient pas de partager un tour du monde sur un même bateau…

Qu’aimez-vous le plus en mer ?
Jacques : « le sentiment que j’ai toujours développé à terre, dans mon travail : l’indépendance et la liberté. En mer on doit s’assumer, on a la liberté de ses choix et la nécessité de les assumer. »
Jean-Edouard : « l’absence de la terre, des gens. La mer c’est la liberté car on n’a aucune obligation sociale. Et puis c’est un apprentissage permanent. Quoi que tu fasses dans la vie, tu vas arriver à le maîtriser. En mer ce n’est pas possible. Le scenario est toujours différent. Il faut s’adapter. Tout dépend de toi et de personne d’autre. »

Qu’aimez-vous le moins en mer ?
Jacques : « la pétole. Je déteste lorsque l’équité sportive n’est plus là, à cause d’éléments météo. Mais cela fait partie du jeu… »
Jean-Edouard : « l’absence de la famille. En mer on vit des moments extraordinaires que l’on ne peut partager. Après une extase de bonheur on se retrouve à culpabiliser… En course, le pire est de se retrouver coincé dans une bulle sans vent et de voir les copains partir ! »

Un mot sur votre duo ?
Jacques : « Nous nous ressemblons beaucoup. L’âge est notre seule grosse différence. Nous avons la même volonté d’entreprendre, de décider. Nous raisonnons de la même façon. La relation est facile entre nous, même si Jean-Edouard est plutôt impulsif et moi plus tempéré… »
Jean-Edouard : « Nous sommes des clones ! Jacques est la version assagie… Malgré les apparences, nous sommes pareils. Nous allons dans le même sens. On sait s’écouter et assumer nos erreurs si besoin. Jacques et moi ne vivons que par l’aboutissement de nos projets… »